Alimentation et grossesse : trier entre les recommandations et les idées reçues
Entre les conseils des proches, ceux d’internet et ceux du corps médical, il devient difficile de savoir quoi manger. Voici les repères qui font consensus.
Publié le par l’équipe du Pavillon Gaïa
Les vraies précautions
Deux risques infectieux justifient des précautions alimentaires pendant la grossesse : la listériose et la toxoplasmose. Les recommandations qui en découlent sont documentées et méritent d’être suivies.
Concrètement : éviter les fromages au lait cru et les croûtes, les charcuteries crues, les poissons fumés, les coquillages crus et les produits en vrac de type traiteur. Bien cuire les viandes et laver soigneusement les fruits et légumes.
Si vous n’êtes pas immunisée contre la toxoplasmose — votre sérologie le précise —, la vigilance sur la viande bien cuite et le lavage des végétaux est renforcée.
Ce qui compte plus qu’on ne le dit
Les folates, ou vitamine B9, réduisent le risque de malformation du tube neural. Une supplémentation est recommandée avant la conception et pendant le premier trimestre.
Le fer est fréquemment insuffisant, la grossesse augmentant fortement les besoins. Une carence se traduit par une fatigue importante, souvent mise sur le compte de la grossesse elle-même.
L’iode et la vitamine D font également l’objet de recommandations spécifiques. Ces points se discutent avec votre médecin ou votre sage-femme, qui peuvent prescrire un dosage.
Manger pour deux : l’idée à abandonner
Les besoins énergétiques n’augmentent quasiment pas au premier trimestre, puis modérément ensuite — de l’ordre de deux cents à trois cents calories par jour au troisième trimestre.
Ce qui change, c’est la qualité de ce qui est apporté, pas le volume. La règle la plus utile reste la régularité des repas, particulièrement quand les nausées perturbent l’appétit.
Les nausées du premier trimestre
Fractionner les prises alimentaires, manger quelque chose de sec avant même de se lever, éviter de rester l’estomac vide : ces conseils simples suffisent souvent.
Lorsque les vomissements empêchent toute alimentation ou entraînent une perte de poids, il ne s’agit plus de nausées banales : consultez sans attendre.
Ce dont on peut cesser de s’inquiéter
Le café reste possible en quantité modérée, en tenant compte du thé et du chocolat. Les édulcorants autorisés ne posent pas de problème aux doses usuelles.
L’alcool, en revanche, ne connaît pas de seuil sans risque : la recommandation est l’abstinence complète pendant toute la grossesse.
Cet article a une vocation informative. Il ne remplace ni un avis médical, ni une consultation adaptée à votre situation personnelle. En cas de symptôme ou de doute, adressez-vous à votre médecin, votre sage-femme ou votre pédiatre.